mercredi 30 avril 2008
Les arcanes de la confiance en soi
Ce jour-là, après avoir passé victorieusement la veille le premier tour d'un tournoi de tennis, je devais jouer deux matchs successivement. Le premier comptait pour une rencontre par équipe entre mon club et un club de la région, le second était le deuxième tour de mon tournoi.
Le premier match du jour ne me posa pas de difficulté vraiment sérieuse. Après un premier set où, menant 5-1, je me laissai rejoindre par déconcentration à 5-4 avant de conclure, je disputai un deuxième set accroché que je gagnais également 6-4, ayant été mené, pour apporter le point décisif et la victoire à mon club.
Quant au second quelques heures plus tard (le troisième du week end, donc), en partie éprouvé par la fatigue, et gêné apparemment plus que mon vis-à-vis par les conditions de jeu (il s'agissait de mon premier match en extérieur de la saison), je le perdais (6-1 / 6-2) sans jamais avoir réellement été en position d'inquiéter mon adversaire.
Pourquoi ai-je senti le besoin de raconter cela? Parce que cet évènement me semble lié à la question de la confiance en soi.
J'ai abordé mes deux premiers matchs du week end avec une confiance absolue en mes capacités, et en ma victoire. Il était tout simplement hors de question que je perde, et, de fait, je n'ai pas perdu. Le premier match du samedi fut expédié en une cinquantaine de minutes (6-1 / 6-1); et lors du second, même au cours du deuxième set qui fut très accroché et dans lequel je connus des moments de pression psychologique intense dans ce qui fut une guerre des nerfs avec mon adversaire (notamment à l'occasion d'un jeu interminable), je ne doutai jamais.
Même mené au score, je continuai à afficher ce petit sourire de confiance qui dû exaspérer mon adversaire et jouer ainsi dans le résultat final, faisant craquer l'opposition.
En revanche, après cela, mon approche du troisième match fut beaucoup moins conquérante; et j'en étais lucidement conscient. Emoussé physiquement, je savais aussi que ma condition me permettait largement de tenir le choc, et que l'excuse n'était pas valable.
Pourtant, dès les premières balles et même avant, je sentais ma volonté faiblir. Il n'y eut pas de bataille psychologique sur ce match; du moins, pas avec mon adversaire, mais avec moi-même. Je l'ai perdue, et le match avec.
Que s'est-il passé? J'étais encore lucide, puisque je fus capable durant le match de déceler les raisons de ma mauvaise performance (détails techniques sans intérêt ici comme le placement, la vitesse de déplacement des jambes, de rotation du buste, etc); et je sentais également que je disposais dans les jambes d'une énergie suffisante pour tenir et vaincre.
Alors pourquoi me suis-je écroulé, au cours d'une partie que l'on pourrait pratiquement qualifier de match à sens unique?
Clairement, j'ai perdu ma confiance inébranlable en moi entre ces deux matchs; celui du matin, et celui de l'après-midi. Clairement, ce fut la cause de ma défaite, car le niveau de mon adversaire n'était objectivement pas plus élevé que le mien, bien au contraire.
Je tente, depuis bientôt deux semaines, de comprendre exactement quel mécanisme mental a joué dans l'histoire. Quel grain de sable a déréglé la machine. Il s'agit probablement d'une insidieuse pensée venue insinuer en moi que je n'aurais peut être pas assez d'énergie pour vaincre cette fois-là.
Je savais pourtant pertinemment que c'était faux; mais il a apparemment suffit d'un léger doute.
Je tente aussi de me demander comment j'aurais pu éviter ce doute. Mais là, j'avoue que je sèche...
A moins qu'il suffise qu'un entrainement drastique vienne me prouver avec certitude que je suis capable de réaliser ce que je tenais à réaliser.
Deux victoires en trois matchs sur deux jours, c'est plutôt bien. Mais c'est loin d'être suffisant.
Quoi qu'il en soit, il me semble avoir vérifié une fois de plus que la confiance: c'est essentiel, et ça se travaille.
lundi 14 avril 2008
Le language des gestes, pour ou contre?
Je croyais, en des temps reculés (ou pas, mais c'est une autre histoire) où j'avais encore beaucoup de difficultés à être charismatique lors d'une prestation orale devant un public, large ou restreint, que s'exprimer à grand renforts de gestes et avec moult mouvements du corps était fascinant et l'une des clés pour être un bon orateur, et pour décupler son charisme.
Tout le monde connaît la réputation des méditerranéens, notamment celle des Italiens, dont la connotation de dragueurs fortement expressifs (et efficaces?) leur colle littéralement à la peau.
J'ai évolué, mes compétences d'orateur aussi à force de travail sur moi-même; et je pensais, n'intervenant toujours devant un public qu'avec un minimum de gestes, qu'il s'agissait simplement de mon style personnel. Je laissai là le problème.
Or donc ai-je fait une découverte ce matin, comme j'avais le plaisir de le dire plus haut. A la suite d'un concours de circonstances malheureuses dans lequel je n'ai eu absolument aucune prise (comprendre que j'ai eu la flemme de conserver la prise en question), je me suis retrouvé à devoir effectuer un exposé oral d'une vingtaine de minutes avec:
- Un travail préparé la veille sans beaucoup de sérieux (et c'est peu de le dire)
- Une absence totale d'introduction et de conclusion préparées
- L'obligation de déployer mes talents d'acteurs pour rendre crédible mon explication pour m'être "trompé" d'exposé et pour avoir fait le mauvais (une semaine plus tard que le bon, évidemment)
- L'obligation d'accentuer ma maladie au maximum pour masquer le caractère relativement artificiel de l'exposé
Croyez-le ou non, j'ai réussi, mais là n'est pas la question. Contraint de jouer le malade en phase terminale, j'ai dû passer les vingt minutes de mon temps de parole en faiblissant ma voix, en courbant imperceptiblement le dos et en gardant les yeux insensiblement mi-clos.
Ne pouvant donc me servir de ma méthode habituelle pour obtenir et conserver la pleine attention d'une salle, qui repose presque entièrement sur l'énergie, la force et la gravité de la voix, et le regard, j'ai dû trouver un expédient.
Et je me suis aperçu, non sans surprise, que j'ai utilisé durant tout l'exposé un grand nombre de gestes, principalement des bras et des mains.
Face à la relative faillite (en l'occurrence programmée et voulue, mais les résultats sont les mêmes que si elle avait été involontaire) de mes capacités orales, la superficialité de mouvements actifs est venue involontairement masquer le manque de sel de la prestation afin de tenter, tout de même, de retenir l'attention du public.
J'en conclus donc, et cela parait finalement assez logique lorsque l'on compare avec toutes les règles générales que l'on peut tirer d'une attentive observation de la gestuelle humaine, que loin d'être l'expression d'un charisme particulier, une attitude trop basée sur le language des mains semble plutôt révéler un sentiment d'insécurité ou de malaise face à l'attention des autres, voire une absence de consistance et/ou de confiance en soi.
Peut être suis-je dans l'erreur. Mais sincèrement, après une telle expérience, j'en doute. D'ailleurs, à bien y réfléchir: regardez les personnages charismatiques des films que vous voyez. Tous sont flegmatiques, calmes, et ne font aucun mouvement superflu. L'exemple qui me vient à l'esprit le plus vite est celui de Clint Eastwood.
La question suivante serait donc: cela s'applique-t-il seulement à une situation d'intervention orale devant un public, ou à toutes les interactions humaines en général?
C'est plus discutable, mais cela mérite d'être étudié plus attentivement.
lundi 24 mars 2008
La chanson du dimanche est Revenue
mais oui, c'est bien elle: La chanson du dimanche !!
http://www.lachansondudimanche.com/
vendredi 21 mars 2008
Everything is possible: even writing with the voice!
Mais regardez par vous même:
lundi 10 mars 2008
Puissance et Futilité
J'ai pris la bénéfique habitude de déposer, chaque fois que je rentre chez moi, ma paire de chaussures juste à côté du radiateur.
La plupart du temps, ça n'a pratiquement aucun effet, car l'hiver est passé. Il ne fait plus si froid dehors et je me débrouille généralement pour garder mes pieds au chaud lorsque je suis dans mon petit refuge parisien.
Mais parfois, j'ai froid aux pieds lorsque je chausse mes souliers. Parfois, aussi, il fait vraiment froid dehors.
Et dans ces cas-là, mes pieds ressentent une agréable chaleur durant quelques minutes, alors que j'effectue mes premiers pas dans le monde extérieur.
Et dans ces cas-là, je me sens bien. Je me sens puissant, je me sens irrésistible, invincible.
Admirez l'Homme, capable de se sentir invincible pour une chose aussi superficielle qu'un peu de chaleur bienfaisante.
Admirez l'Homme, sa Puissance, et sa Futilité.
mardi 4 mars 2008
De l'Art et de la Difficulté d'avoir confiance
Les hommes trébuchent parfois sur la vérité, mais la plupart d’entre eux se relèvent et passent leur chemin comme s’il ne leur était rien arrivé.
Mais une fois la leçon apprise, encore faut-il l'appliquer. L'expérience n'étant selon Murphy qu'une chose que l'on ne possède qu'après en avoir eu besoin, il n'est pas toujours évident d'avoir la possibilité immédiate de s'en servir.Aujourd'hui, je suis sorti de chez moi en cours d'après-midi, et suis entré dans une station de RER. Rien d'exceptionnel.
Non loin des tourniquets, j'ai sorti de ma poche ma carte de transport à puce sans m'arrêter de marcher. Un bon parisien est toujours pressé et veut toujours aller vite, et j'avoue que dans la rue, je ne déroge pas toujours à cette règle. L'efficacité avant tout.
Tout en sortant ma carte de ma poche, je vis un homme, tout à fait banal, tenter de prendre le tourniquet que je comptais prendre également. L'homme mit sa carte à puce semblable à la mienne sur le recepteur, tenta de passer normalement, mais ne parvint pas à faire basculer le tourniquet. Il en changea donc, et passa tranquillement sur celui d'à côté.
Ce que je raconte est totalement ininteressant. En revanche, une chose m'a marqué. Ayant vu cela, pourquoi ai-je moi-même essayé d'utiliser le même tourniquet, celui que l'homme qui me précédait d'une demi-douzaine de mètres n'avait pu faire fonctionner?
Plongé dans mes pensées, j'avais remarqué son échec machinalement, sans en tirer les conséquences. Pourtant, la logique même aurait voulu que j'évite ce tourniquet hors d'état de marche.
Mais j'ai quand même essayé. Je ne lui ai pas fait confiance, pensant probablement instinctivement que j'étais... je ne sais pas, meilleur, plus doué, plus intelligent, que j'étais Moi. Et qu'il fallait que j'expérimente par moi-même.
Je ne lui ai pas fait confiance, alors que tout me soufflait le contraire.
Au moment même où je me suis engagé dans le tourniquet, avant même de constater effectivement la panne, je me rendais compte que c'était stupide. Mais il était trop tard. J'ai ensuite changé de tourniquet, après avoir constaté à mon tour qu'en effet, il ne fonctionnait pas.
Moi qui espère être moins con que la majorité des gens, me voila contraint de relativiser...
La même journée m'a donné l'opportunité de me confronter à nouveau au choix de la confiance. Abordé par un inconnu, qui m'explique être un auteur "non reconnu", me résume ses projets d'écriture, me pousse à une conversation peu agréable car forcée, et tente de me vendre une carte postale à cinq euros (!!) pour vivre, j'ai le choix de croire en son histoire et de m'en émouvoir; ou de garder mes cinq euros dont j'ai besoin, de remarquer ses baskets neuves et d'en concevoir des doutes, et de lui conseiller cyniquement de s'inscrire au chômage en passant mon chemin.
Le choix est légèrement différent dans sa nature de celui conté plus haut, mais le thème est le même.
Me voici l'heureux possesseur d'une carte postale représentant un tableau de Zao Wou-Ki, très jolie au demeurant. Trop gentil? Peut être. Mais au moins ai-je fait confiance.
Au moins, ai-je éclairé sa journée en faisant l'effort de converser quelques minutes à propos de littérature. Je l'espère.
Au moins ai-je une fois de plus tiré une leçon de ces petits détails de la vie.
mercredi 27 février 2008
Un rêve, un chemin, une obsession: Le Voyage
- Le plus important c'est de vivre libre!
- Oui mais à quel prix?
- Peu importe le prix.
Pour moi,
le voyage, c'est l'expression de la liberté, de la découverte, de l'ouverture sur le monde et des hommes qui le peuple.
C'est se confronter à la vie dans sa rugosité et dans sa splendeur.
C'est l'apprentissage de la vie par l'épreuve, par la découverte, par l'Autre et le Différent.
Le voyage a donné naissance à une nouvelle passion chez moi: l'ethnologie, l'étude de l'Homme, en ce qu'il a de particulier et d'universel.
J'aime voyager parce que j'aime les Hommes et j'ai envie de les connaitre, de nous connaitre, et ainsi de mieux me connaitre moi même. C'est très philosophique, existentiel, et appelle un besoin de réponse même partiel, même provisoire, même changeant.
Le voyage, c'est aussi la découverte de soi. En dehors de nos frontières, nous sommes en dehors de notre "bulle société", qui inclue famille, amis, collègues, bref, le cercle des gens connus et aimés, qui inclue aussi le travail, les devoirs, les obligations et responsabilités, idéologie, passé, politique et toutes les choses qui nous conditionnent et étouffent celui ou celle que nous sommes vraiment. Cette bulle qui nous oriente de gré ou de force dans une direction qui n'est pas forcément la bonne pour chacun d'entre nous.
Voyager, c'est quitter cette bulle l'espace de quelques semaines ou pour toujours, et c'est là que notre "moi" se révèle à nous même. On est tout nus, quand on part. Partez avec votre meilleur ami que vous pensiez bien connaitre: vous le découvrirez vraiment.
Mais quand je dis Voyage, je parle de l'aventure, du "backpacking", avec tout ce que ça suppose de courage et d'audace, de joies mais aussi de difficultés et d'épreuves.
Mes vieux démons me reprennent! Et je ne rêve que d'une chose: m'affranchir! Etre celle que je veux être, tout de suite maintenant, écrire de tout mon saoul, partir découvrir le monde et m'accomplir. Je suis une passionnée et je suis faite pour une vie passionnante, je suis éprise de liberté et je vomi nos sociétés modernes qui tuent nos rêves et nous persuadent que la vie c'est la consommation, le "travailler plus pour gagner plus" , que trois semaines de congés par ans c'est bien suffisant, et que ceux qui s'accrochent à leurs rêves et à leurs idéaux de jeunesse sont des fous ou des marginaux.
On me dit souvent: "bah, tu dis ça maintenant mais quand tu seras plus vieille, tu changeras d'avis! Passe ton permis, fais des études, travailles, aie une famille, c'est bien plus raisonnable". Quoi?! Alors, quand on est jeunes, on a des rêves et des idéaux, et on est fous, et c'est normal. Mais quand on vieilli, on devient raisonnable, mais être raisonnable est-ce renoncer à nos rêves pour être en phase avec la société?
Et ainsi renouveller cette génération de frustrés, de vieux pétris de regrets, de vies faites de renoncements? N'est-il pas plus raisonnable finalement, de s'accepter tels que nous sommes, "fous" ou pas, et de suivre le chemin qui est fait pour nous plutôt que nous forcer à correspondre à ce que la société veux que nous soyons? La voix de la "raison" est elle pour autant la plus sage?
Voilà, mon coup de gueule. Mon ras le bol! Evidemment, qu'il est dur de suivre ses rêves quand on vit dans une société qui ne les encourage pas! C'est là mon dilemme.. M'affranchir, m'accomplir, partir?
La liberté, c'est le nomadisme!
La plus grande intelligence, c'est l'ouverture!
Le bonheur, c'est l'accomplissement de soi!
Et la vraie vie, c'est tout ça: liberté, intelligence, bonheur, accomplissement.
